Audit Informatique

Quelles sont les étapes d’un audit d’infrastructure informatique ?

Auteur : Le Rhino, Équipe éditoriale
Le Rhino Équipe éditoriale
14 mins
15 janvier 2026
Dans cet article :
  1. Introduction 
  2. Qu’est-ce qu’un audit d'infrastructure informatique ?
  3. Les grandes thématiques couvertes par un audit d'infrastructure informatique
  4. Étape 1 : préparation et planification de l’audit d'infrastructure informatique
  5. Étape 2 : collecte des informations
  6. Étape 3 : analyse et évaluation
  7. Étape 4 : tests et vérifications
  8. Étape 5 : évaluations des risques
  9. Étape 6 : élaboration du rapport d'audit
  10. Étape 7 : suivi et amélioration continue
  11. Conclusion

Introduction 

L’audit d’une infrastructure informatique est un processus complexe et méthodique qui nécessite une approche structurée. L’audit peut se découper en plusieurs phases. Il peut porter sur la totalité, ou une partie de ses infrastructures informatiques. 

Un audit démarre avec une organisation strictement rigoureuse. Cette organisation est portée bien souvent par une équipe entière composé de chef de projet, spécialiste cybersécurité, ingénieur système.

Qu’est-ce qu’un audit d’infrastructure informatique ?

Un audit informatique est une évaluation structurée de tout ou d’une partie d’un système d’information. Il vise à analyser l’existant, identifier les vulnérabilités, mesurer les écarts avec les bonnes pratiques et proposer un plan d’amélioration.

Selon les objectifs, l’audit peut porter sur :

  • l’infrastructure technique (serveurs, réseau, cloud),
  • la sécurité des systèmes d’information,
  • les performances et la résilience,
  • la conformité réglementaire,
  • les processus IT et organisationnels.

Un audit informatique repose généralement sur une équipe pluridisciplinaire : auditeur, experts systèmes et réseaux, spécialistes cybersécurité, architectes et parfois profils organisationnels.

Cta Audit Infrastructure It

Les grandes thématiques couvertes par un audit d’infrastructure informatique

Sécurité de l’information

La protection des données et des systèmes contre les cyberattaques est aujourd’hui un axe central de tout audit informatique. Cela inclut la gestion des identités, la protection des accès, la détection des vulnérabilités et la capacité de réaction en cas d’incident.

Gestion des risques

L’audit permet d’identifier les risques susceptibles d’affecter la continuité des activités : pannes majeures, pertes de données, indisponibilités critiques. Ces analyses sont souvent liées aux PCA (Plan de Continuité d’Activité) et PRA (Plan de Reprise d’Activité).

Conformité réglementaire

RGPD, exigences sectorielles, normes internes : l’audit informatique vérifie l’alignement du système d’information avec les réglementations applicables et les standards reconnus.

Optimisation des ressources

Un audit IT permet aussi d’identifier les gaspillages de ressources, les surdimensionnements et les inefficiences, en lien direct avec les enjeux FinOps et la maîtrise des coûts.

Pour aller plus loin : Mettre en place une démarche FinOps/GreenOps

Étape 1 : préparation et planification de l’audit d’infrastructure informatique

Définir le périmètre et les objectifs

La première étape consiste à délimiter précisément le périmètre de l’audit. Auditer l’ensemble d’un système d’information n’est pas toujours nécessaire ni pertinent.

Il peut s’agir par exemple :

  • d’un périmètre applicatif critique,
  • d’une infrastructure cloud,
  • d’un réseau interne,
  • d’un socle de sécurité.

Une fois le périmètre défini, les objectifs doivent être clairement formalisés : sécurité, performance, conformité, réduction des risques ou optimisation des coûts.

Planifier les ressources

La planification des ressources ne se limite pas à identifier des profils ou des intitulés de postes. Elle vise avant tout à répartir clairement les rôles et responsabilités tout au long de l’audit informatique. L’équipe est généralement composée :

  • d’un chef de projet, souvent auditeur principal, qui est responsable de la coordination globale. Il définit le planning, pilote les échanges entre les parties prenantes et garantit le respect du périmètre et des objectifs. Il joue également un rôle clé dans la restitution des résultats auprès de la direction.
  • d’experts système. Ils interviennent pour analyser les serveurs, les systèmes d’exploitation, les mécanismes de virtualisation ou encore les infrastructures cloud. Leur rôle est d’évaluer la robustesse, la maintenabilité et la cohérence technique des environnements.
  • d’experts réseaux qui se concentrent sur l’architecture réseau, la segmentation, les flux, les règles de filtrage et la résilience. Ils identifient les points de faiblesse pouvant impacter la sécurité ou les performances globales.
  • de spécialistes en cybersécurité qui ont pour mission d’analyser les vulnérabilités, les mécanismes de protection, la gestion des identités et des accès, ainsi que la capacité de détection et de réaction face aux incidents. Leur expertise est déterminante pour qualifier les risques et leur criticité.

Enfin, les profils orientés processus et organisation évaluent la maturité des pratiques IT : gestion des incidents, des changements, des accès ou encore des sauvegardes. Ils permettent de relier les constats techniques aux usages réels de l’entreprise.

Obtenir le soutien de la direction

Une fois le plan d’audit formalisé, l’adhésion de la direction devient un élément déterminant. Le soutien managérial permet de légitimer la démarche, de faciliter l’accès aux informations et de mobiliser les équipes concernées. Il contribue également à inscrire l’audit informatique dans une logique stratégique, et non comme un simple exercice technique. Présenter le calendrier, les objectifs et les bénéfices attendus permet de créer un cadre favorable à la mise en œuvre future des recommandations.

Étape 2 : collecte des informations

Inventaire des actifs

Un audit informatique débute toujours par un inventaire exhaustif des actifs IT :

  • serveurs,
  • postes de travail,
  • équipements réseau,
  • systèmes d’exploitation,
  • bases de données,
  • applications.

La CMDB (Configuration Management Database) est une source centrale, mais elle est rarement parfaitement à jour. L’audit met souvent en évidence la nécessité de fiabiliser ces référentiels, notamment via des outils automatisés.

Analyse de la documentation

Schémas d’architecture, politiques de sécurité, procédures opérationnelles : la documentation existante est analysée pour comprendre le fonctionnement réel du système d’information.

Les journaux d’événements (logs) et les rapports d’incidents complètent cette analyse en apportant une vision factuelle de l’exploitation.

Entretiens avec les équipes

Les échanges avec les équipes IT et sécurité sont essentiels. Ils permettent de confronter la théorie à la réalité terrain et de recueillir les retours d’expérience, y compris ceux des utilisateurs finaux.

Étape 3 : analyse et évaluation

Analyse de l’architecture et des performances IT

L’évaluation de l’architecture IT permet de comprendre comment les différents composants techniques interagissent entre eux et soutiennent les usages métiers.

Architecture réseau et interconnexions

Du point de vue réseau, l’audit s’intéresse à la structuration des zones, à la segmentation, aux flux autorisés et aux mécanismes d’isolation. Une architecture insuffisamment cloisonnée peut élargir considérablement la surface d’attaque ou amplifier l’impact d’un incident de sécurité ou d’une panne majeure.

Systèmes, infrastructures et résilience

Sur le plan système et infrastructure, l’analyse porte sur la redondance, la haute disponibilité et la résilience globale. L’objectif est de vérifier si les applications critiques peuvent fonctionner en mode multi-instance, supporter des bascules automatiques ou absorber des variations de charge. Dans de nombreux contextes, certaines applications historiques reposent encore sur des architectures monolithiques, complexes à maintenir, à faire évoluer et à sécuriser.

Performances et capacité d’évolution

L’audit évalue également les performances globales du système d’information : consommation CPU, mémoire, stockage et réseau. Il s’agit de déterminer si ces indicateurs sont correctement supervisés, historisés et exploités. L’absence de données de performance sur la durée limite fortement la capacité à anticiper les incidents et à optimiser l’infrastructure. Enfin, l’adéquation entre les choix technologiques, les usages réels et les besoins futurs est analysée afin de mesurer la capacité du SI à accompagner la croissance et les évolutions de l’entreprise.

Analyse de la sécurité, de la conformité et des processus

Au-delà des aspects techniques, l’audit examine la robustesse du dispositif de sécurité et la maturité des pratiques IT.

Sécurité du système d’information

La sécurité est évaluée à travers l’identification des vulnérabilités techniques et organisationnelles. Cela inclut l’analyse des correctifs appliqués, des configurations sensibles, des mécanismes d’authentification et de la gestion des accès, en particulier pour les comptes à privilèges. L’objectif est de mesurer le niveau d’exposition aux menaces actuelles et la capacité de l’organisation à détecter, contenir et répondre à un incident.

Pour aller plus loin : Evolution de la cybersécurité en 2026

Conformité réglementaire et bonnes pratiques

L’audit intègre également une vérification de la conformité aux réglementations applicables, telles que le RGPD, ainsi qu’aux standards et référentiels de bonnes pratiques du marché. Il ne s’agit pas uniquement de vérifier l’existence de documents, mais de s’assurer que les exigences sont effectivement comprises et mises en œuvre au quotidien.

Maturité des processus IT

Enfin, les processus IT sont analysés sous l’angle de leur efficacité et de leur niveau de maturité. La gestion des incidents, des changements, des sauvegardes et de la reprise d’activité est passée en revue afin de vérifier que les procédures sont claires, documentées et réellement opérationnelles. Des processus mal définis ou insuffisamment maîtrisés peuvent considérablement amplifier l’impact d’un incident technique ou de sécurité.

Étape 4 : tests et vérifications

Cette phase permet de valider concrètement les constats :

  • tests d’intrusion approfondis,
  • simulations d’attaques,
  • tests de restauration des sauvegardes,
  • tests de continuité d’activité.

Ces exercices permettent de mesurer la maturité réelle du système d’information face à des scénarios de crise.

Étape 5 : évaluations des risques

Sur la base des analyses précédentes, l’auditeur procède à une évaluation globale des risques. Les vulnérabilités identifiées sont regroupées par catégories, puis analysées au regard des menaces susceptibles de les exploiter. Cette distinction entre vulnérabilité et menace est essentielle pour comprendre les scénarios d’attaque réalistes. Chaque risque est ensuite évalué selon son impact potentiel, qu’il soit financier, opérationnel ou réputationnel. Cette analyse permet d’établir une priorisation objective des actions à mener, en tenant compte à la fois de la probabilité d’occurrence et des conséquences pour l’entreprise.

Cta Enquête 2026

Étape 6 : élaboration du rapport d’audit

Le résumé exécutif

Le résumé exécutif est destiné aux décideurs et aux sponsors de l’audit. Il présente une synthèse claire et structurée des principaux constats, sans entrer dans un niveau de détail excessivement technique. L’objectif est de mettre en évidence les risques majeurs, leurs impacts potentiels sur l’activité et les priorités d’action. Ce résumé doit permettre à la direction de comprendre rapidement les enjeux, d’évaluer le niveau de maturité du système d’information et de mesurer les conséquences d’une absence d’action. Il sert également de support à la prise de décision et à l’arbitrage des investissements nécessaires.

Le rapport détaillé

Le rapport détaillé constitue la référence opérationnelle de l’audit informatique. Il décrit de manière exhaustive chaque vulnérabilité ou non-conformité identifiée, en précisant son contexte, ses impacts et les éléments de preuve associés. Ces preuves peuvent inclure des extraits de configuration, des résultats de scans ou des observations terrain. Le rapport permet également de comparer l’état actuel de l’infrastructure avec les bonnes pratiques du secteur et les standards applicables. Il offre ainsi une vision objective et factuelle de la situation, indispensable pour engager des actions correctives structurées.

Le plan d’action

Le plan d’action traduit les recommandations du rapport en initiatives concrètes. Chaque action est priorisée en fonction de la criticité des risques, assortie d’un horizon de mise en œuvre réaliste et attribuée à un responsable identifié. Ce plan permet de piloter la transformation de manière progressive, en tenant compte des contraintes opérationnelles de l’entreprise. Il constitue également un outil de suivi, facilitant la mesure des progrès réalisés et l’ajustement des priorités au fil du temps.

Étape 7 : suivi et amélioration continue

Le suivi post-audit vise à s’assurer que les recommandations produisent un impact réel. Concrètement, cela peut se traduire par la mise en place de tableaux de bord automatisés permettant de suivre le taux de correctifs appliqués, l’évolution du niveau de vulnérabilité ou la conformité des accès. Par exemple, un indicateur peut mesurer le délai moyen de déploiement des correctifs de sécurité critiques, ou le nombre de comptes à privilèges actifs.

Dans certains cas, des audits de suivi ou des revues périodiques sont organisés pour vérifier la pérennité des actions engagées. L’entreprise peut également renforcer sa veille technologique et cybersécurité afin d’anticiper de nouvelles menaces. L’audit informatique devient alors un véritable outil de pilotage continu, intégré à la gouvernance IT globale.

Conclusion

L’audit informatique est un exercice structurant qui va bien au-delà d’un simple diagnostic technique. Il permet d’obtenir une vision claire et objective de l’état du système d’information, en mettant en lumière les forces, les faiblesses et les risques qui pèsent sur l’infrastructure IT.

À travers une approche méthodique, de la préparation à l’analyse approfondie, jusqu’à la restitution et au suivi, l’audit informatique devient un véritable outil d’aide à la décision. Il permet d’aligner les enjeux techniques, organisationnels et métiers, tout en apportant des recommandations concrètes et priorisées.

Surtout, l’audit ne doit pas être considéré comme une finalité. Les tableaux de bord, indicateurs de suivi et plans d’action qui en découlent inscrivent l’entreprise dans une démarche d’amélioration continue. Dans un contexte marqué par l’évolution rapide des technologies et des menaces cyber, réaliser des audits informatiques réguliers est un levier essentiel pour renforcer la sécurité, améliorer la performance et garantir la pérennité du système d’information.

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