Defender for Identity : détecter les attaques d’identité
Détection des attaques sur les identités, protection d'Active Directory et intégration à Defender XDR : le guide complet de Microsoft...

Un audit Active Directory évalue la sécurité de l’annuaire en confrontant sa configuration aux points de contrôle publiés par l’ANSSI, puis en cartographiant les chemins qui mènent d’un compte ordinaire aux privilèges d’administration du domaine.
Il combine deux regards complémentaires : les outils de scoring, qui indiquent où sont les faiblesses, et les outils de graphe, qui montrent comment ces faiblesses s’enchaînent. Il se conclut par un plan de remédiation hiérarchisé.
Ce guide couvre l’exposition particulière de l’annuaire, les domaines de contrôle vérifiés, les outils disponibles et leur complémentarité, le déroulé d’une mission, la fréquence recommandée, les chantiers de remédiation prioritaires et la façon de mesurer les progrès.
Active Directory occupe une position singulière dans un système d’information : il authentifie les utilisateurs, porte les autorisations et gouverne l’accès à l’essentiel des ressources. Compromettre l’annuaire ne donne pas accès à une machine, mais à l’organisation entière.
C’est pourquoi il constitue la cible privilégiée des attaques par rançongiciel, dont la logique de propagation passe presque systématiquement par la prise de contrôle du domaine.
Sa vulnérabilité tient moins à des failles logicielles qu’à son histoire. Un annuaire déployé il y a quinze ans a accumulé des comptes de service oubliés, des délégations accordées pour dépanner, des relations d’approbation avec des domaines disparus et des droits hérités que plus personne ne sait justifier.
Chaque strate est légitime prise isolément ; c’est leur accumulation qui crée les chemins d’attaque. Un audit sert précisément à révéler ce que la connaissance interne ne voit plus.
| Domaine de contrôle | Ce qui est examiné | Enjeu |
|---|---|---|
| Comptes à privilèges | Composition des groupes d’administration, comptes de service, comptes dormants | Chaque membre est une clé du domaine |
| Délégations et droits | Délégations Kerberos, ACL, droits accordés hors des groupes standard | Escalade discrète vers les privilèges |
| Politique d’authentification | Robustesse et rotation des mots de passe, protocoles hérités, authentification multifacteur | Réduction de la surface de compromission d’identifiants |
| Cloisonnement | Mise en oeuvre d’un modèle en niveaux séparant administration et bureautique | Empêche un poste compromis d’atteindre le domaine |
| Stratégies de groupe | Contenu et portée des GPO, droits de modification | Une GPO mal protégée diffuse une compromission |
| Relations d’approbation | Approbations entre domaines et forêts, filtrage des identifiants | Un domaine tiers faible expose le vôtre |
| Infrastructure et journalisation | Contrôleurs de domaine, niveau fonctionnel, sauvegardes, collecte des journaux | Conditionne la détection et la reconstruction |
L’ANSSI met à disposition un recueil de points de contrôle Active Directory organisé par niveaux de sécurité, qui sert de référentiel commun à la plupart des audits menés en France.
Les outils du marché s’y réfèrent explicitement, ce qui permet de relier chaque constat à une recommandation officielle et facilite l’arbitrage face à la direction.
Pour les opérateurs réglementés et la sphère publique, l’agence propose en complément un service d’évaluation dédié, Active Directory Security.

Un point de méthode mérite d’être posé d’emblée : ces outils fonctionnent en lecture seule et n’exploitent aucune vulnérabilité.
Ils analysent la configuration et les relations, sans modifier l’environnement.
Cette distinction est importante lors du cadrage avec les équipes d’exploitation, souvent réticentes à laisser intervenir un tiers sur l’annuaire.
Les tests d’exploitation réelle relèvent d’un test d’intrusion, qui suppose un accord explicite et tracé.
La question revient systématiquement, et la réponse est qu’ils ne s’opposent pas.
PingCastle attribue un score global à la configuration et liste les règles en échec : il indique où sont les faiblesses et donne une vue synthétique du niveau de risque, ce qui en fait la référence pour communiquer auprès d’une direction.
BloodHound, lui, construit un graphe des relations et calcule les chemins concrets qui mènent d’un compte ordinaire à un administrateur du domaine : il montre comment les faiblesses s’enchaînent.
Un audit sérieux combine donc au minimum ces deux approches, pour couvrir à la fois les défauts de configuration et les chemins d’attaque exploitables. On y ajoute utilement une revue manuelle des stratégies de groupe, une analyse des journaux d’événements sur le périmètre d’administration, et des vérifications ciblées que les outils automatisés ne couvrent pas, comme les comptes disposant d’un mot de passe non requis ou les identifiants de service oubliés.
Une mission d’audit suit un déroulement standard. Chaque phase répond à un objectif précis et conditionne la suivante.

Sur le marché français, une mission de ce type se déroule généralement en trois à cinq semaines selon l’ampleur du périmètre, et produit un rapport de plusieurs dizaines de pages avec des constats classés du critique au faible.
Ces ordres de grandeur varient fortement avec le nombre de domaines, l’ancienneté de l’annuaire et le niveau de documentation existant.
Un audit ponctuel donne une photographie qui se périme vite, car un annuaire vit en permanence : créations de comptes, délégations temporaires devenues permanentes, applications qui réclament des droits. La pratique recommandée combine deux rythmes.
Un audit complet annuel constitue le socle pour la plupart des organisations. Les opérateurs les plus critiques, soumis à des obligations réglementaires renforcées, y ajoutent une surveillance continue assortie de contrôles trimestriels.
Entre deux audits complets, l’exécution périodique des outils de scoring permet de suivre la dérive à moindre coût.
Certains événements imposent par ailleurs un contrôle hors calendrier : une fusion ou une acquisition qui ajoute une forêt, une migration majeure, le départ d’un administrateur disposant de droits étendus, ou bien sûr un incident de sécurité.
La conformité à NIS2 rend d’ailleurs cette régularité plus contraignante, puisque les entités essentielles sont tenues de réaliser des audits de sécurité réguliers.
L’audit identifie les faiblesses. La remédiation doit les traiter en ordre de priorité. Ces sept chantiers offrent le meilleur rendement : effort limité pour un risque réduit significativement.
Un audit qui ne débouche pas sur une mesure reste un document.
Deux indicateurs se prêtent bien au suivi dans la durée. Le premier est le score global attribué par l’outil de scoring, à condition de le rejouer dans les mêmes conditions : il donne une tendance lisible par la direction, même s’il ne dit rien de l’exploitabilité réelle. Le second, plus significatif, est le nombre de chemins existant dans le graphe entre un utilisateur standard et les administrateurs du domaine.
Ce second indicateur a l’avantage de traduire directement l’effort de durcissement en réduction de risque.
Un objectif raisonnable après remédiation consiste à ne plus laisser subsister de chemin direct court vers les privilèges d’administration, ce qui oblige un attaquant à enchaîner davantage d’étapes et multiplie les occasions de le détecter.
On complète utilement par des indicateurs de gestion : nombre de comptes à privilèges, part de comptes dormants, ancienneté des mots de passe de service.
Certaines erreurs reviennent systématiquement et transforment un audit onéreux en rapport sans suite :
Il évalue la sécurité de l’annuaire en confrontant sa configuration aux points de contrôle de l’ANSSI et en cartographiant les chemins d’attaque menant aux comptes à privilèges. Il couvre les comptes d’administration, les délégations, l’authentification, le cloisonnement, les stratégies de groupe, les relations d’approbation et la journalisation, puis débouche sur un plan de remédiation hiérarchisé.
Principalement PingCastle pour le score de configuration, BloodHound pour les chemins d’attaque, Purple Knight pour les indicateurs d’exposition, ainsi que AD Control Path publié par l’ANSSI. Ils fonctionnent en lecture seule. Une revue manuelle des stratégies de groupe et des journaux complète l’analyse automatisée.
Non. C’est un excellent point de départ qui identifie les mauvaises configurations les plus courantes, mais il ne visualise pas les chemins d’attaque. Un audit complet y ajoute une analyse en graphe, des vérifications manuelles, une revue des GPO et l’examen des journaux du périmètre d’administration.
Non, dès lors qu’il reste en lecture seule : les outils analysent la configuration sans exploiter de vulnérabilité, sans agent persistant et sans modifier l’environnement. Les tests d’exploitation réelle relèvent d’un test d’intrusion, qui suppose un accord explicite et tracé.
Un audit complet annuel constitue le socle pour la plupart des organisations, avec des contrôles plus rapprochés pour les opérateurs les plus critiques. Certains événements imposent un contrôle hors calendrier : fusion, migration majeure, départ d’un administrateur à droits étendus ou incident de sécurité.
De trois à cinq semaines en général, selon l’ampleur du périmètre, le nombre de domaines et de forêts, l’ancienneté de l’annuaire et la qualité de la documentation existante. La remédiation, elle, s’étale sur plusieurs mois.
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