Cloud Nord 2025 : quand les tendances cloud rencontrent la réalité
Introduction La conférence Cloud Nord a eu lieu le jeudi 23 octobre 2025 à Lille. C’était la 5ème édition de...

L’audit d’une infrastructure informatique est un processus complexe et méthodique qui nécessite une approche structurée. L’audit peut se découper en plusieurs phases. Il peut porter sur la totalité, ou une partie de ses infrastructures informatiques.
Un audit démarre avec une organisation strictement rigoureuse. Cette organisation est portée bien souvent par une équipe entière composé de chef de projet, spécialiste cybersécurité, ingénieur système.
Un audit informatique est une évaluation structurée de tout ou d’une partie d’un système d’information. Il vise à analyser l’existant, identifier les vulnérabilités, mesurer les écarts avec les bonnes pratiques et proposer un plan d’amélioration.
Selon les objectifs, l’audit peut porter sur :
Un audit informatique repose généralement sur une équipe pluridisciplinaire : auditeur, experts systèmes et réseaux, spécialistes cybersécurité, architectes et parfois profils organisationnels.

La protection des données et des systèmes contre les cyberattaques est aujourd’hui un axe central de tout audit informatique. Cela inclut la gestion des identités, la protection des accès, la détection des vulnérabilités et la capacité de réaction en cas d’incident.
L’audit permet d’identifier les risques susceptibles d’affecter la continuité des activités : pannes majeures, pertes de données, indisponibilités critiques. Ces analyses sont souvent liées aux PCA (Plan de Continuité d’Activité) et PRA (Plan de Reprise d’Activité).
RGPD, exigences sectorielles, normes internes : l’audit informatique vérifie l’alignement du système d’information avec les réglementations applicables et les standards reconnus.
Un audit IT permet aussi d’identifier les gaspillages de ressources, les surdimensionnements et les inefficiences, en lien direct avec les enjeux FinOps et la maîtrise des coûts.
Pour aller plus loin : Mettre en place une démarche FinOps/GreenOps
La première étape consiste à délimiter précisément le périmètre de l’audit. Auditer l’ensemble d’un système d’information n’est pas toujours nécessaire ni pertinent.
Il peut s’agir par exemple :
Une fois le périmètre défini, les objectifs doivent être clairement formalisés : sécurité, performance, conformité, réduction des risques ou optimisation des coûts.
La planification des ressources ne se limite pas à identifier des profils ou des intitulés de postes. Elle vise avant tout à répartir clairement les rôles et responsabilités tout au long de l’audit informatique. L’équipe est généralement composée :
Enfin, les profils orientés processus et organisation évaluent la maturité des pratiques IT : gestion des incidents, des changements, des accès ou encore des sauvegardes. Ils permettent de relier les constats techniques aux usages réels de l’entreprise.
Une fois le plan d’audit formalisé, l’adhésion de la direction devient un élément déterminant. Le soutien managérial permet de légitimer la démarche, de faciliter l’accès aux informations et de mobiliser les équipes concernées. Il contribue également à inscrire l’audit informatique dans une logique stratégique, et non comme un simple exercice technique. Présenter le calendrier, les objectifs et les bénéfices attendus permet de créer un cadre favorable à la mise en œuvre future des recommandations.
Un audit informatique débute toujours par un inventaire exhaustif des actifs IT :
La CMDB (Configuration Management Database) est une source centrale, mais elle est rarement parfaitement à jour. L’audit met souvent en évidence la nécessité de fiabiliser ces référentiels, notamment via des outils automatisés.
Schémas d’architecture, politiques de sécurité, procédures opérationnelles : la documentation existante est analysée pour comprendre le fonctionnement réel du système d’information.
Les journaux d’événements (logs) et les rapports d’incidents complètent cette analyse en apportant une vision factuelle de l’exploitation.
Les échanges avec les équipes IT et sécurité sont essentiels. Ils permettent de confronter la théorie à la réalité terrain et de recueillir les retours d’expérience, y compris ceux des utilisateurs finaux.
L’évaluation de l’architecture IT permet de comprendre comment les différents composants techniques interagissent entre eux et soutiennent les usages métiers.
Du point de vue réseau, l’audit s’intéresse à la structuration des zones, à la segmentation, aux flux autorisés et aux mécanismes d’isolation. Une architecture insuffisamment cloisonnée peut élargir considérablement la surface d’attaque ou amplifier l’impact d’un incident de sécurité ou d’une panne majeure.
Sur le plan système et infrastructure, l’analyse porte sur la redondance, la haute disponibilité et la résilience globale. L’objectif est de vérifier si les applications critiques peuvent fonctionner en mode multi-instance, supporter des bascules automatiques ou absorber des variations de charge. Dans de nombreux contextes, certaines applications historiques reposent encore sur des architectures monolithiques, complexes à maintenir, à faire évoluer et à sécuriser.
L’audit évalue également les performances globales du système d’information : consommation CPU, mémoire, stockage et réseau. Il s’agit de déterminer si ces indicateurs sont correctement supervisés, historisés et exploités. L’absence de données de performance sur la durée limite fortement la capacité à anticiper les incidents et à optimiser l’infrastructure. Enfin, l’adéquation entre les choix technologiques, les usages réels et les besoins futurs est analysée afin de mesurer la capacité du SI à accompagner la croissance et les évolutions de l’entreprise.
Au-delà des aspects techniques, l’audit examine la robustesse du dispositif de sécurité et la maturité des pratiques IT.
La sécurité est évaluée à travers l’identification des vulnérabilités techniques et organisationnelles. Cela inclut l’analyse des correctifs appliqués, des configurations sensibles, des mécanismes d’authentification et de la gestion des accès, en particulier pour les comptes à privilèges. L’objectif est de mesurer le niveau d’exposition aux menaces actuelles et la capacité de l’organisation à détecter, contenir et répondre à un incident.
Pour aller plus loin : Evolution de la cybersécurité en 2026
L’audit intègre également une vérification de la conformité aux réglementations applicables, telles que le RGPD, ainsi qu’aux standards et référentiels de bonnes pratiques du marché. Il ne s’agit pas uniquement de vérifier l’existence de documents, mais de s’assurer que les exigences sont effectivement comprises et mises en œuvre au quotidien.
Enfin, les processus IT sont analysés sous l’angle de leur efficacité et de leur niveau de maturité. La gestion des incidents, des changements, des sauvegardes et de la reprise d’activité est passée en revue afin de vérifier que les procédures sont claires, documentées et réellement opérationnelles. Des processus mal définis ou insuffisamment maîtrisés peuvent considérablement amplifier l’impact d’un incident technique ou de sécurité.
Cette phase permet de valider concrètement les constats :
Ces exercices permettent de mesurer la maturité réelle du système d’information face à des scénarios de crise.
Sur la base des analyses précédentes, l’auditeur procède à une évaluation globale des risques. Les vulnérabilités identifiées sont regroupées par catégories, puis analysées au regard des menaces susceptibles de les exploiter. Cette distinction entre vulnérabilité et menace est essentielle pour comprendre les scénarios d’attaque réalistes. Chaque risque est ensuite évalué selon son impact potentiel, qu’il soit financier, opérationnel ou réputationnel. Cette analyse permet d’établir une priorisation objective des actions à mener, en tenant compte à la fois de la probabilité d’occurrence et des conséquences pour l’entreprise.

Le résumé exécutif est destiné aux décideurs et aux sponsors de l’audit. Il présente une synthèse claire et structurée des principaux constats, sans entrer dans un niveau de détail excessivement technique. L’objectif est de mettre en évidence les risques majeurs, leurs impacts potentiels sur l’activité et les priorités d’action. Ce résumé doit permettre à la direction de comprendre rapidement les enjeux, d’évaluer le niveau de maturité du système d’information et de mesurer les conséquences d’une absence d’action. Il sert également de support à la prise de décision et à l’arbitrage des investissements nécessaires.
Le rapport détaillé constitue la référence opérationnelle de l’audit informatique. Il décrit de manière exhaustive chaque vulnérabilité ou non-conformité identifiée, en précisant son contexte, ses impacts et les éléments de preuve associés. Ces preuves peuvent inclure des extraits de configuration, des résultats de scans ou des observations terrain. Le rapport permet également de comparer l’état actuel de l’infrastructure avec les bonnes pratiques du secteur et les standards applicables. Il offre ainsi une vision objective et factuelle de la situation, indispensable pour engager des actions correctives structurées.
Le plan d’action traduit les recommandations du rapport en initiatives concrètes. Chaque action est priorisée en fonction de la criticité des risques, assortie d’un horizon de mise en œuvre réaliste et attribuée à un responsable identifié. Ce plan permet de piloter la transformation de manière progressive, en tenant compte des contraintes opérationnelles de l’entreprise. Il constitue également un outil de suivi, facilitant la mesure des progrès réalisés et l’ajustement des priorités au fil du temps.
Le suivi post-audit vise à s’assurer que les recommandations produisent un impact réel. Concrètement, cela peut se traduire par la mise en place de tableaux de bord automatisés permettant de suivre le taux de correctifs appliqués, l’évolution du niveau de vulnérabilité ou la conformité des accès. Par exemple, un indicateur peut mesurer le délai moyen de déploiement des correctifs de sécurité critiques, ou le nombre de comptes à privilèges actifs.
Dans certains cas, des audits de suivi ou des revues périodiques sont organisés pour vérifier la pérennité des actions engagées. L’entreprise peut également renforcer sa veille technologique et cybersécurité afin d’anticiper de nouvelles menaces. L’audit informatique devient alors un véritable outil de pilotage continu, intégré à la gouvernance IT globale.
L’audit informatique est un exercice structurant qui va bien au-delà d’un simple diagnostic technique. Il permet d’obtenir une vision claire et objective de l’état du système d’information, en mettant en lumière les forces, les faiblesses et les risques qui pèsent sur l’infrastructure IT.
À travers une approche méthodique, de la préparation à l’analyse approfondie, jusqu’à la restitution et au suivi, l’audit informatique devient un véritable outil d’aide à la décision. Il permet d’aligner les enjeux techniques, organisationnels et métiers, tout en apportant des recommandations concrètes et priorisées.
Surtout, l’audit ne doit pas être considéré comme une finalité. Les tableaux de bord, indicateurs de suivi et plans d’action qui en découlent inscrivent l’entreprise dans une démarche d’amélioration continue. Dans un contexte marqué par l’évolution rapide des technologies et des menaces cyber, réaliser des audits informatiques réguliers est un levier essentiel pour renforcer la sécurité, améliorer la performance et garantir la pérennité du système d’information.
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